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Gourbeyre

Gourbeyre : le bourg, la mer et les hauteurs du volcan

Gourbeyre tient dans une bande de terre étroite, serrée entre la mer des Caraïbes et les premières pentes de la Soufrière. On y passe vite en allant de Basse-Terre à Trois-Rivières, alors que la commune mérite qu'on s'y arrête : un bourg ancien, une plage et une marina au pied des monts Caraïbes, des bassins d'eau tiède et des sentiers qui montent dans la forêt.

Une commune étroite entre la mer et les hauteurs

Gourbeyre occupe une bande de terre sur la côte sous-le-vent de la Basse-Terre, entre l'embouchure du Galion, qui la sépare de Basse-Terre, et la Grande Anse, qui la sépare de Trois-Rivières. Derrière le littoral, le relief monte très vite : les monts Caraïbes ferment l'horizon au sud, le plateau du Palmiste domine le bourg, et plus haut s'ouvre le massif de la Soufrière.

Cette géographie explique l'essentiel de la commune. L'habitat se concentre sur la frange côtière et les premières pentes, le long de la route qui relie Basse-Terre à Trois-Rivières ; au-delà, la forêt prend le relais, avec la rivière Sens qui descend de la montagne et rejoint la mer au niveau de Rivière-Sens.

Le climat est celui du versant humide : alizés, averses fréquentes sur les hauteurs, air plus lourd sur la côte. La végétation y est dense, les jardins créoles poussent sans difficulté autour des maisons, et la forêt remonte à peine la pente qu'elle change d'aspect et de fraîcheur. Les hauteurs du Houëlmont et de Dolé reçoivent nettement plus d'eau que le bourg, ce qui explique la vigueur de la forêt et la prudence à garder sur les sentiers.

Dos d'Âne devenue Gourbeyre

La commune ne s'est pas toujours appelée ainsi. Détachée de Basse-Terre au dix-neuvième siècle, elle portait le nom de Dos d'Âne, en référence au col escarpé qui permettait de franchir le passage entre les monts Caraïbes et le massif volcanique : un lieu de transit avant d'être un lieu de vie. Le mot est resté dans la mémoire locale, où certains habitants continuent d'appeler ainsi le passage.

Le tremblement de terre qui a ravagé l'île au milieu du même siècle a laissé la jeune commune en ruine. Le gouverneur de l'époque, Gourbeyre, a organisé les secours et la reconstruction ; la reconnaissance des habitants a fait adopter son nom, qui n'a plus changé depuis. Un changement de nom rare, qui dit assez le poids de la catastrophe dans l'histoire de la commune.

De cette histoire, la commune garde un patrimoine discret : l'église Saint-Charles Borromée au centre du bourg, le cimetière qui la jouxte et regarde la mer, et plus haut dans les terres les ruines des habitations sucrières, dont celle de Bisdary, qui rappellent que la richesse de la côte venait de la canne.

Le bourg, l'église et les archives

Le bourg s'étire le long de la route principale, avec la mairie, l'église Saint-Charles Borromée et un petit centre commerçant. C'est là que se trouvent la plupart des services de proximité et la maison de la culture Gilles Floro, qui accueille des spectacles et des manifestations tout au long de l'année.

Le cimetière marin, juste à côté de l'église, occupe une position rare : il domine la mer et fait face aux couchers de soleil. On y monte à pied depuis le bourg, en quelques minutes, et le lieu se découvre autant pour la vue que pour les tombes anciennes qui y sont conservées. Quelques tombes anciennes rappellent que le bourg s'est construit là bien avant que la route ne prenne son tracé actuel.

Un peu à l'écart, dans le quartier de Bisdary, les Archives départementales de la Guadeloupe conservent l'histoire de l'île. Leur bâtiment et les ruines de l'habitation voisine forment un ensemble que l'on peut voir sans être chercheur, et qui donne une idée de ce qu'était une grande exploitation sucrière.

Le Houëlmont, observatoire et sentiers

Le Houëlmont est un dôme volcanique qui ferme le bourg au sud. Il porte l'observatoire volcanologique et sismologique de la Guadeloupe, installé sur son sommet pour surveiller la Soufrière : le site ne se visite pas, mais son antenne et ses bâtiments font partie du paysage familier des habitants. Il reste un lieu de travail scientifique, fermé au public en dehors de rares occasions.

Autour, un sentier d'interprétation fait le tour du sommet. Il passe par la mare du Houëlmont, suspendue sur un replat entre deux pentes, par les vestiges d'une ancienne batterie et par plusieurs points de vue sur Basse-Terre, la mer et, par temps clair, sur Les Saintes. Le parcours est balisé et court, ce qui en fait une sortie facile à caser dans une matinée.

La marche est courte et facile, mais le sol reste glissant après la pluie et le soleil tape vite sur les parties dégagées. Des chaussures fermées suffisent ; l'eau et un coupe-vent sont utiles, car le temps change plus vite sur les hauteurs que sur la côte. En fin d'après-midi, la lumière descend sur la mer et le bourg se devine en contrebas : c'est le meilleur moment pour la boucle.

Rivière-Sens : la plage et la marina

Rivière-Sens se trouve au sud du bourg, là où la rivière du même nom rejoint la mer, au pied des monts Caraïbes. La plage borde une anse abritée, avec un sable sombre, des arbres pour l'ombre et quelques carbets ; on y vient en famille, en fin de journée et le week-end, et l'endroit reste simple. L'eau y est claire quand la mer est calme, et le fond descend doucement.

La marina occupe le fond de l'anse, avec ses pontons, sa capitainerie et les bateaux de passage. C'est le seul port de plaisance du sud Basse-Terre, et de là partent la plupart des sorties en mer et des activités nautiques de la commune ; la route du littoral continue ensuite vers Trois-Rivières. Le stationnement se fait le long de la route, et il est vite saturé le dimanche.

La baignade se pratique surtout dans la partie abritée de l'anse. Après de fortes pluies, l'eau de la rivière trouble la mer et charrie des branches : il vaut mieux attendre que le temps se calme, et se méfier de l'embouchure, où le courant se fait sentir. La plage n'est pas une piscine : la baignade reste sous la responsabilité de chacun.

Sources chaudes, bassins et forêt

L'eau chaude est une signature de la commune. À Dolé, un hameau situé en amont du bourg, la source thermale alimente des bassins aménagés où l'eau reste tiède, réchauffée par l'activité du massif volcanique. Le site est simple, sans équipement lourd, et l'on y accède par une route étroite qui monte dans la vallée.

Plus près du bourg, le bain des Amours est un petit bassin de forme arrondie, alimenté par la même chaleur souterraine. Le Bassin Bleu, lui, se gagne par un court sentier en forêt : une cascade et des vasques d'eau claire, très fréquentées le week-end et pendant les vacances. Le sentier qui y mène traverse une forêt humide, avec des marches et des racines ; il se fait en famille, sans être une randonnée.

Ces lieux ne sont pas des piscines. Les rochers sont glissants, le niveau de l'eau change avec la pluie, et il vaut mieux renoncer quand l'orage menace en amont. Il n'y a ni surveillance ni équipement de confort : on prévoit de l'eau, des chaussures qui tiennent, et de quoi remporter ses déchets. En cas de doute, on demande aux habitants du bourg : ils savent mieux que personne si l'eau est montée la veille.

En images

Questions fréquentes

Où se baigner à Gourbeyre ?

La plage de Rivière-Sens, dans son anse abritée, convient à la baignade en famille. Dans les terres, les bassins de Dolé, le bain des Amours et le Bassin Bleu offrent une eau plus fraîche ou tiède selon les sites. Aucun de ces lieux naturels n'est surveillé : on y va par beau temps et l'on reste prudent près des rochers et des cascades.

Peut-on monter à la Soufrière depuis Gourbeyre ?

Le volcan domine la commune, mais les départs balisés pour le sommet se trouvent de l'autre côté du massif, à Saint-Claude, par la route des Bains Jaunes ou la Savane à Mulets. Les sentiers de Gourbeyre, comme celui du Houëlmont, restent des balades de moyenne hauteur, sans accès direct au sommet.

Faut-il une voiture pour visiter la commune ?

Elle simplifie beaucoup les choses. Le bourg et la plage de Rivière-Sens se rejoignent sans difficulté, mais Dolé, Bisdary et le départ du sentier du Houëlmont sont sur des routes étroites et pentues, mal desservies. Les transports collectifs de l'agglomération existent, avec des fréquences limitées en dehors des heures de pointe.

Que faire à Gourbeyre quand il pleut ?

Les sentiers et les bassins deviennent glissants, et le niveau de l'eau peut monter vite : mieux vaut renoncer à la randonnée et à la baignade ce jour-là. Le bourg reste praticable, avec l'église, le cimetière marin et la maison de la culture ; les Archives départementales de Bisdary se consultent sur place.

Combien de temps prévoir sur place ?

Une demi-journée suffit pour le bourg et la plage de Rivière-Sens. La journée complète devient nécessaire si l'on ajoute les bassins de Dolé et le sentier du Houëlmont, ou si l'on veut voir l'habitation de Bisdary et les archives. Les distances sont courtes, mais les routes de montagne prennent du temps.

Communes et zones couvertes

Cinq lieux pour comprendre la commune : le bourg, la côte de Rivière-Sens, la vallée de Dolé, les hauteurs du Houëlmont et le quartier de Bisdary. Chaque page dit ce qu'on y trouve, comment on y accède et ce qu'il faut anticiper.

  • Le Bourg — Le cœur administratif et commerçant de Gourbeyre, étiré le long de la route, avec l'église Saint-Charles Borromée et le cimetière qui domine la mer.
  • Rivière-Sens — Une anse au pied des monts Caraïbes, une plage familiale et la seule marina du sud Basse-Terre.
  • Dolé — Un hameau dans la vallée, en amont du bourg, connu pour sa source thermale et ses bassins d'eau tiède.
  • Le Houëlmont — Un dôme volcanique boisé, un sentier d'interprétation, une mare en balcon et des vues sur Basse-Terre et la mer.
  • Bisdary — Un quartier à l'écart du bourg, marqué par les ruines d'une grande habitation sucrière et par les Archives départementales.